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Bubble Man est l'homme de l'espace.Il vient de la planète Oméga,
une planète située à plusieurs années lumiéres de notre galaxie,
loin, très loin de notre terre. Récemment, il est venu sur la planète
bleue rencontrer les humains et son public, car sur Oméga il est
une star du cinéma. Son charisme et son talent sont éclatant et
dégagent une harmonie totale. Avec Chris Chester son agent et représentant
sur terre, il a reçu le premier prix d'interprétation masculine
du festival du film court de Clermont-Ferrand. Contacté par de nombreux
réalisateurs américains, il a de nombreux projets avec les plus
grands studios d'Hollywood, notamment un film grandiose dans l'Egypte
antique.
Bubble Man is
a space man. He came from Omega planet, which is sevral light years
away from our gallaxy, so far from the Earth. Recently he came on
the blue planet to meet humans and his audience too, because on
Omega he is a movie star. His charisma and talent are brilliant
and make a total harmony. With Chris Chester his agent and representative
on Earth he received the men's first role award at the Clermont-Ferrand
short film festival. Connected with the biggest american film makers
he has got some projects with great Hollywood studios, one of which
in the ancient Egypt.
CHRIS CHESTER
GROUP : BUBBLE MAN SUPERSTAR !!!
(Chris Chester Records Ltd)
A une vitesse
étourdissante, le rock anglais des sixties est passé de l’exploration
des champs de coton à celle de la Voie Lactée – fin 1967, le blues
devient spatial. Quand le Pink Floyd joue à l’UFO, la musique autrefois
inventée par Robert Johnson ou Skip James échappe à l’attraction
terrestre. Et Tottenham Court Road se prolonge jusqu’aux plus lointains
espaces interstellaires. Mais pendant que le Melody Maker scrute
l’azur, l’underground londonien abrite de bien étranges conjonctions
d’astres. Soit une rencontre secrète, dans un club de Leicester
Square ou King’s Road.
Effondré devant une table, un guitariste émacié tue le temps, entre
comparutions au tribunal et escapades à Rome, où sa fiancée joue
dans le Barbarella de Roger Vadim. A sa droite, un poète américain,
rescapé d’un accident de moto et fraîchement évadé de Woodstock,
où il enregistre en compagnie de Canadiens au look plouc des Basement
Tapes vouées à faire le bonheur des bootleggers. Survient un dandy
de Cambridge, qui avec Arnold Layne vient de propulser dans les
charts une invraisemblable histoire de voleur de petites culottes.
Du fond d’une bouteille de champagne, une idée jaillit : pourquoi
ne pas enregistrer quelques chansons aussi fantasques que ces bulles
dorées ?
Le concept Bubble Man est né. Aux petites heures de l’aube, une
Bentley bleu nuit vogue alors jusqu’aux studios Olympic, réservés
pour les sessions de Their Satanic Majesties’ Request. On a besoin
d’un organiste ? Un coup de fil, et Al Kooper rapplique – gagnant
au passage son ticket d’entrée pour You Can’t Always Get What You
Want. Puis les compos défilent, féerique florilège de pop cosmique
et de ballades groovy. D’entrée, l’homme le plus élégamment déglingué
de la planète rock prend les commandes : reconnaissable entre toutes,
sa guitare donne le tempo. Parfois, il sarcle d’instinct d’antiques
racines – Chuck Berry reprend du service pour l’intro de Born To
Be A Star ; sur Cosmic Blues Muddy Waters s’offre sa petite odyssée
de l’espace. Puis, avec Champagne, l’Américain à lunettes noires
se fend d’un outttake inédit de Blonde On Blonde, tandis que le
troisième larron, bien barré à l’acide, fait planer très haut White
Sun. Cerise sur ce gâteau en forme d’Olympe psychédélique, une version
inconnue de Two Thousand Light Years From Home, où la voix de Mick
Jagger laisse la place à celle de son frère ennemi, autrefois rencontré
sur un quai de gare de Dartford – une voix effectivement à quelques
milliers d’années lumières des normes habituelles en matière d’harmonie.
Quarante ans plus tard, le produit de cette super session clandestine
sort sous un pseudonyme en forme de malicieuse contraction lexicale :
en anglais, un chest est le genre de coffre où les pirates d’antan
entassaient le fruit de leur rapines, tandis qu’un jester est un
bouffon du roi – sous sa pochette pop art, le disque du Chris Chester
Group tient effectivement de la plaisanterie princière autant que
du trésor caché. Autant dire qu’à ce degré d’élégance envapée, on
tient pour nulle et non avenue la mesquine rumeur voulant que Bubble
Man Superstar !!! soit en fait l’œuvre d’un combo clermontois –
une rumeur que seuls croiront ceux qui pensent encore que les Billion
Dollar Sessions furent enregistrées à la va-vite par Dick Rivers
et une paire de potes en santiags made in le Sentier…
Bruno Juffin (Les Inrocks)
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