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Bio
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Music
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A une vitesse étourdissante,
le rock anglais des sixties est passé de l’exploration des champs de coton
à celle de la Voie Lactée – fin 1967, le blues devient spatial. Quand
le Pink Floyd joue à l’UFO, la musique autrefois inventée par Robert Johnson
ou Skip James échappe à l’attraction terrestre. Et Tottenham Court Road
se prolonge jusqu’aux plus lointains espaces interstellaires. Mais pendant
que le Melody Maker scrute l’azur, l’underground londonien abrite de bien
étranges conjonctions d’astres. Soit une rencontre secrète, dans un club
de Leicester Square ou King’s Road. Effondré devant une table, un guitariste
émacié tue le temps, entre comparutions au tribunal et escapades à Rome,
où sa fiancée joue dans le Barbarella de Roger Vadim. A sa droite, un
poète américain, rescapé d’un accident de moto et fraîchement évadé de
Woodstock, où il enregistre en compagnie de Canadiens au look plouc des
Basement Tapes vouées à faire le bonheur des bootleggers. Survient un
dandy de Cambridge, qui avec Arnold Layne vient de propulser dans les
charts une invraisemblable histoire de voleur de petites culottes. Du
fond d’une bouteille de champagne, une idée jaillit : pourquoi ne pas
enregistrer quelques chansons aussi fantasques que ces bulles dorées?
Le concept Bubble Man est né. Aux petites heures de l’aube, une Bentley
bleu nuit vogue alors jusqu’aux studios Olympic, réservés pour les sessions
de Their Satanic Majesties’ Request. On a besoin d’un organiste? Un coup
de fil, et Al Kooper rapplique – gagnant au passage son ticket d’entrée
pour You Can’t Always Get What You Want. Puis les compos défilent, féerique
florilège de pop cosmique et de ballades groovy. D’entrée, l’homme le
plus élégamment déglingué de la planète rock prend les commandes : reconnaissable
entre toutes, sa guitare donne le tempo. Parfois, il sarcle d’instinct
d’antiques racines – Chuck Berry reprend du service pour l’intro de Born
To Be A Star ; sur Cosmic Blues Muddy Waters s’offre sa petite odyssée
de l’espace. Puis, avec Champagne, l’Américain à lunettes noires se fend
d’un outttake inédit de Blonde On Blonde, tandis que le troisième larron,
bien barré à l’acide, fait planer très haut White Sun. Cerise sur ce gâteau
en forme d’Olympe psychédélique, une version inconnue de Two Thousand
Light Years From Home, où la voix de Mick Jagger laisse la place à celle
de son frère ennemi, autrefois rencontré sur un quai de gare de Dartford
– une voix effectivement à quelques milliers d’années lumières des normes
habituelles en matière d’harmonie. Quarante ans plus tard, le produit
de cette super session clandestine sort sous un pseudonyme en forme de
malicieuse contraction lexicale : en anglais, un chest est le genre de
coffre où les pirates d’antan entassaient le fruit de leur rapines, tandis
qu’un jester est un bouffon du roi – sous sa pochette pop art, le disque
du Chris Chester Group tient effectivement de la plaisanterie princière
autant que du trésor caché. Autant dire qu’à ce degré d’élégance envapée,
on tient pour nulle et non avenue la mesquine rumeur voulant que Bubble
Man Superstar !!! soit en fait l’œuvre d’un combo clermontois – une rumeur
que seuls croiront ceux qui pensent encore que les Billion Dollar Sessions
furent enregistrées à la va-vite par Dick Rivers et une paire de potes
en santiags made in le Sentier… |
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Group
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Chris
Chester : Guitar, vox; |
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Photos
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Web
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