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Etre et Paraître. De l’esthétique. Ed. Karpathos, 2006.

S'il est un qualificatif très souvent utilisé pour dépeindre l'effet extatique que procure la perception des beautés d'une oeuvre, d'un monument, d'un paysage ou d'un visage c'est bien celui d'harmonieux.
Terme usité aussi en sciences physiques pour décrire certains phénomènes de mise en phase vibratoire, notamment sonores et lumineux, modélisables mathématiquement. Esthétique et harmonie sont aussi fréquemment employés pour décrire notre vécu de merveilleux devant certains spectacles de la création humaine ou de la nature. L'explication du caractère "beau" planterait ses racines dans un terreau organique de nature neurobiologique plus ou moins fixé qui trierait tel une passoire toute information venant de l'extérieur comme de l'intérieur au crible de critères mathématiques, psychologiques et sociaux dont l'expression clinique s'exprimerait par les trois caractères suivants indissociables, colorant de manière spécifique notre perception des choses et des êtres : harmonie - schéma corporel - habitus.
La composante mathématique expliquant le caractère de beauté des êtres et des choses s'exprimerait du fait d'un agencement harmonique des lignes et volumes, de leurs formes perçues ainsi que de leur mise en mouvement. Quant à la dimension psychologique de l'esthétique corporelle, elle se manifesterait par le biais d'une représentation du corps vécu, dénommé par les psychiatres schéma corporel. Enfin la coloration historique et sociale de nos goûts et pratiques générant des phénomènes de modes ou de standards trouverait son substratum dans l'habitus en tant que conditionnement psycho-comportemental au caractère profondément inscrit clans notre système nerveux du fait d'un apprentissage précoce et répété d'une manière d'être au monde.


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